Ne plus jeûner seul — ce que l'accompagnement change vraiment
- Olivier RENAUD

- 15 juin
- 2 min de lecture
Il arrive un moment où l’on sent que continuer seul ne suffit plus.
Quand on accompagne des gens qui jeûnent, qui travaillent leur ventre, qui apprennent à écouter autrement — une chose revient souvent. Pas une plainte. Plutôt une phrase dite à mi-voix, en fin de stage :
« Je ne savais pas que ça ferait autant de bien de ne pas être seul.»
Olivier Renaud, accompagnateur en bien-être digestif aux Jardins d'Olivier, parle de ce moment-là.

Est-ce que tu vois souvent des gens qui ont longtemps fait seuls avant de venir te voir ?
Tout le temps. La plupart ont déjà essayé.
Des régimes, des cures, des lectures, des applications. Ils arrivent avec des carnets de bord.
Ce n'est pas de la passivité — au contraire. C'est une forme de sérieux. Mais qui s'est transformée, à un moment, en charge.
La charge de faire seul — tu peux décrire ça concrètement ?
Quand tu jeûnes seul, par exemple, tu gères tout.
Tu surveilles tes sensations, tu interprètes, tu décides de continuer ou pas.
Tu n'as personne à qui dire « là j'ai peur » sans que ça devienne une décision à prendre.
Cette vigilance permanente, elle coûte.
Le corps l'absorbe. Parfois pendant des années.
Et toi, dans ton accompagnement, qu'est-ce qui change quand quelqu'un n'est plus seul ?
L’accompagnement est parfois mal compris.
La première chose que je vois, c'est une détente dans le ventre.
Littéralement. Pas parce que je fais quelque chose de magique.
Mais parce que le système nerveux arrête de surveiller seul.
Il peut déléguer une part de la vigilance. Et le corps, quand il n'est plus en mode guetteur, commence à travailler autrement.
Est-ce qu'il y a une confusion, parfois, entre être accompagné et perdre son autonomie ?

Souvent, oui.
Les gens qui arrivent avec des carnets de bord ont une conception précise de l'autonomie.
Faire seul = être libre.
Se faire accompagner = dépendre.
Ce que je vois dans ma pratique, c'est l'inverse. Les gens qui sortent d'un stage accompagné sont plus autonomes qu'avant.
Parce qu'ils ont traversé quelque chose avec un filet — et maintenant ils savent. L'autonomie, ça se construit dans l'expérience, pas dans la solitude.
Tu dis souvent que ton but, c'est que tes clients n'aient plus besoin de toi. Ça s'applique ici aussi ?
C'est même le cœur du truc.
Quelqu'un qui vient chez moi pour apprendre à jeûner — l'objectif, c'est qu'il parte en sachant le faire seul.
Pas en étant dépendant de ma présence pour y arriver. L'accompagnement n'est pas une béquille.
C'est un passage.
Et pour quelqu'un qui hésite — qui sent que faire seul ne suffit plus mais qui n'ose pas demander ?
Je lui dirais que cette hésitation-là, elle est déjà une information.
Le corps qui dit « je ne veux plus faire ça seul » — c'est rarement de la faiblesse.
C'est souvent de la lucidité. Il a juste besoin d'un cadre pour être entendu.
Ne plus faire seul, ce n'est pas abandonner ce qu'on a construit. C'est décider que la prochaine étape mérite un autre regard que le sien.
Si tu sens que ce moment est là — on peut en parler. Pas pour décider à ta place. Juste pour comprendre où tu en es.


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